Repérer un déficit en vitamine B9, aussi appelée acide folique, relève souvent du casse-tête. Les signaux sont ténus : fatigue qui s’installe sans prévenir, moral en berne, concentration en pointillés. On met ces troubles sur le compte du stress ou d’un rythme effréné, sans soupçonner qu’une vitamine, présente en trop faible quantité, joue les trouble-fête dans l’ombre.
L’acide folique intervient dans des mécanismes fondamentaux, notamment la fabrication des globules rouges et la bonne marche du système nerveux. Lorsque la carence s’installe, les conséquences peuvent aller bien au-delà d’une simple baisse de forme : une anémie mégaloblastique peut s’inviter, avec son lot de complications. Prendre au sérieux ces signaux, même lorsqu’ils semblent anodins, et consulter un professionnel de santé reste la meilleure façon d’éviter que la situation ne dégénère.
Les causes d’une carence en vitamine B9
Avant de pouvoir agir, il faut comprendre ce qui mène à une carence en vitamine B9, ou folates. Plusieurs facteurs bien identifiés peuvent fragiliser nos réserves :
- Consommation excessive d’alcool : l’alcool perturbe l’absorption et le métabolisme des folates, accélérant leur disparition.
- Maladie cœliaque : ce trouble digestif limite sérieusement l’absorption des nutriments, et les folates ne font pas exception.
- Médicaments : certains traitements, à l’image des anticonvulsivants (phénytoïne, phénobarbital), du méthotrexate, du triamtérène, de la metformine ou du triméthoprime/sulfaméthoxazole, entravent l’utilisation correcte des folates par l’organisme.
- Femmes : la prise de contraceptifs oraux peut créer un besoin accru en folates, nécessitant parfois des apports complémentaires.
Notre organisme ne stocke que de petites quantités de folates. Résultat : une alimentation déséquilibrée se traduit vite par un déficit. Les folates sont indispensables à la fabrication de globules rouges normaux, à la synthèse de l’ADN et au développement du système nerveux chez le fœtus.
Dans le quotidien, on retrouve les folates dans les légumes verts à feuilles, les asperges, les brocolis, les fruits, le foie, les abats, mais aussi dans certains pains, pâtes et céréales enrichis. À retenir : les folates issus de suppléments ou d’aliments enrichis sont mieux assimilés par notre corps.
Comprendre pourquoi la carence survient permet d’orienter efficacement la prévention et les solutions à mettre en place.
Les symptômes discrets d’une carence en vitamine B9
Des manifestations subtiles, mais qui devraient alerter. Parmi les signes à surveiller, l’anémie figure en bonne place. Elle se traduit par une fatigue qui ne passe pas, une pâleur qui s’accentue, un souffle court au moindre effort, voire des vertiges. Derrière ces symptômes, le manque de globules rouges se fait sentir.
Les troubles digestifs ne sont pas rares. Une langue rouge et douloureuse, une diarrhée qui s’attarde ou une perte du goût, parfois difficile à identifier, peuvent être révélateurs d’un déficit en folates.
Impact sur la santé mentale
Les folates interviennent aussi dans la fabrication des neurotransmetteurs. Un manque prolongé peut provoquer des troubles du moral, de la confusion, et dans les situations extrêmes, des troubles cognitifs sévères. Ces manifestations sont d’autant plus difficiles à repérer qu’elles se confondent aisément avec d’autres pathologies. Voici quelques illustrations concrètes :
- Dépression : un état dépressif, surtout lorsqu’il s’accompagne d’autres signes physiques, peut traduire un déficit en vitamine B9.
- Confusion : des difficultés à organiser ses pensées ou des troubles de la mémoire peuvent apparaître en cas de carence.
- Démence : lorsque le manque de folates s’installe durablement, des troubles cognitifs sévères, jusqu’à la démence, peuvent survenir.
Le recours à une analyse sanguine permet de mesurer les taux de folates. Les soignants doivent rester attentifs face à ces signaux pour proposer un accompagnement adapté, qu’il s’agisse d’un traitement ou de conseils nutritionnels.
Comment prévenir et traiter une carence en vitamine B9
Les causes d’une carence en vitamine B9
On retrouve régulièrement l’alcoolisme parmi les facteurs de carence, car l’absorption et le métabolisme de la vitamine B9 en sont affectés. La maladie cœliaque, les traitements médicamenteux, et en particulier certains anticonvulsivants comme la phénytoïne et le phénobarbital, tout comme le méthotrexate, le triamtérène, la metformine ou le triméthoprime/sulfaméthoxazole, peuvent aussi entraîner un déficit.
Diagnostic et traitement
Pour poser un diagnostic, le dosage sanguin des folates reste la référence. Dès qu’un manque est repéré, la supplémentation en folates permet de rétablir rapidement la situation. Comme l’organisme stocke peu de folates, il est nécessaire de veiller à un apport quotidien régulier.
Sources alimentaires de folates
Adapter son alimentation constitue un levier simple et concret : les légumes verts à feuilles, asperges, brocolis, fruits, foie, abats, levure sèche, pains, pâtes et céréales enrichies offrent un bon apport en folates. À noter que la biodisponibilité des folates est meilleure lorsqu’ils proviennent de suppléments ou d’aliments enrichis.
Suppléments et prévention des maladies
Les suppléments de folate ne constituent pas une assurance contre la coronaropathie ou l’AVC. Ils ne diminuent pas non plus le risque de cancers, et n’apportent pas d’amélioration sur le plan cognitif. Leur utilité se confirme surtout pour réduire le risque de malformations du tube neural chez le fœtus, ce qui justifie leur recommandation chez les femmes susceptibles de tomber enceintes ou qui prennent des contraceptifs oraux.
Sur le fil discret de la vitamine B9 se jouent fatigue chronique, humeur grise, mémoire capricieuse, mais aussi, parfois, l’avenir d’une grossesse. Rester à l’écoute de ces faibles signaux, c’est offrir à son corps la possibilité de réagir avant que le manque ne prenne toute la place.


