Est-ce que les ostéopathes sont des professionnels de santé ?

L’ostéopathie est une méthode de soins manuels, préventive et curative visant à voir le corps comme un tout. A ce titre, bon nombre de personnes exercent cette profession qui est sujette à des débats continuels. Et ce, quant à la possibilité de reconnaitre ou non les ostéopathes comme des professionnels de santé. A travers cet article, nous vous parlerons du statut professionnel d’un ostéopathe.

Notion d’ostéopathie

L’ostéopathie est la médecine de première intention. C’est-à-dire que vous n’avez pas besoin de voir votre médecin généraliste avant de consulter votre ostéopathe. Elle a été créée il y a plus de 140 ans aux États-Unis et a été légiférée en France en 2002. Chaque jour, le nombre d’ostéopathes ne cesse d’augmenter. De ce fait, on compte aujourd’hui 1 ostéopathe pour 3.500 habitants.

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L’ostéopathie poursuit un objectif spécifique. En effet, elle cherche à diagnostiquer et traiter les pertes de mobilité des tissus et des articulations. Surtout celles pouvant perturber l’état de santé du corps humain. En outre, elle se base sur une connaissance approfondie de l’anatomie et de la physiologie. Avant de procéder au traitement, votre ostéopathe va réaliser un interrogatoire approfondi. Celui-ci sera relatif à votre motif de consultation et les différents antécédents traumatiques et chirurgicaux. Puis, viendra le temps du traitement. L’ostéopathe pourra réaliser différentes techniques structurelle, tissulaire, viscérale ou crânienne. A la fin de la séance, votre ostéopathe vous donnera tout une série de conseils personnalisés ainsi que les conduites à tenir pour votre motif de consultation.

Le statut professionnel des ostéopathes

Aujourd’hui en France, plusieurs personnes font recours à l’ostéopathie. Il y en a même qui ne peuvent plus s’en passer. De ce fait, les praticiens sont de plus en plus sollicités. Aussi, des écoles sont ouvertes pour former tous les étudiants qui manifestent le désir de suivre cette formation. Bien que cette profession soit légiférée, les ostéopathes ne sont toujours pas reconnus comme des professionnels de santé. En effet, pour certains médecins, l’efficacité de l’ostéopathie n’est pas prouvée scientifiquement. Par ailleurs, le texte autorise la pratique de gestes sous réserve qu’un bilan médical soit réalisé préalablement par un médecin. En outre, même dans le domaine du sport, les ostéopathes sont mis à l’écart.

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Toutefois, il peut arriver de voir admis dans les professionnels de santé certains ostéopathes. Et ce, en prenant en compte un critère. En effet, l’ostéopathe a suivi une formation de kinésithérapeute et a obtenu son diplôme. Dans ce cas de figure, il est reconnu comme un professionnel de santé avec son titre de kinésithérapeute. En conséquence, lorsque vous exercez uniquement la profession d’ostéopathe, vous êtes considéré comme exerçant tout simplement une activité de soins.

Les formations et les compétences des ostéopathes

Pour devenir ostéopathe, il faut suivre une formation spécifique. Les études sont en principe réparties sur cinq ans et débouchent sur un diplôme d’ostéopathe reconnu par l’État. Le programme est basé sur des enseignements théoriques et pratiques pour permettre aux futurs professionnels d’avoir toutes les compétences nécessaires.

Les matières enseignées sont principalement : la biologie générale, la physiologie, l’anatomie humaine, les méthodes de diagnostic clinique et paraclinique ainsi que le traitement des pathologies courantes en ostéopathie. En plus de ces matières principales, le cursus inclut aussi un apprentissage approfondi des différentes techniques manipulatoires utilisées dans cette branche médicale alternative.

En termes de compétences professionnelles requises pour exercer ce métier, à part les connaissances scientifiques indispensables pour comprendre la structure du corps humain et son fonctionnement normal ou pathologique, l’ostéopathe doit faire preuve d’une grande capacité d’écoute active afin de comprendre son patient dans sa globalité physique mais aussi psychologique et émotionnelle. Il doit être capable d’évaluer précisément chaque situation avec calme et discernement avant toute intervention pratique.

Pensez à bien noter que si certains professionnels ont suivi une formation complète dans cette discipline, tous n’ont pas bénéficié du même parcours académique. Certains se contentent effectivement d’une formation courte qui ne leur permet pas forcément de développer toutes les compétences requises pour exercer cette activité avec professionnalisme. Une des conséquences est que cela peut entraîner une différence de qualité de soin d’un praticien à l’autre.

Pensez à bien se renseigner sur ses diplômes et son expérience. C’est le meilleur moyen pour s’assurer que l’on a affaire à un professionnel compétent qui maîtrise parfaitement la discipline et sera en mesure d’apporter une aide efficace en cas de besoin.

La réglementation de l’exercice de l’ostéopathie en France

En France, l’ostéopathie est une profession réglementée depuis 2002. Cette reconnaissance officielle a permis de sécuriser la pratique et le statut professionnel des ostéopathes. Effectivement, cette nouvelle législation impose un certain nombre d’exigences pour obtenir le titre d’ostéopathe.

La loi sur l’ostéopathie exige que tous les professionnels qui souhaitent exercer en tant qu’ostéopathe doivent être titulaires de trois diplômes : le baccalauréat ou équivalent, un certificat attestant de leur formation en ostéopathie et enfin un certificat sanitaire prouvant qu’ils ne sont pas atteints de maladies contagieuses.

Vous devez noter que la loi prévoit aussi des règles relatives au statut professionnel. Les ostéopathes ont ainsi l’obligation d’être affiliés à une mutuelle professionnelle afin de garantir leur responsabilité civile du fait des dommages causés à leurs patients dans le cadre médical. Ils doivent aussi pratiquer selon les principes définis par la Déontologie Médicale tels que le respect du secret professionnel et la non-discrimination notamment.

Malgré cela, certains praticiens peuvent encore choisir d’exercer sans être inscrits à un registre officiel ou sans être couverts par une assurance professionnelle ad hoc. Dans ce cas-là, ils risquent alors des sanctions pénales s’ils agissent comme ‘ostéo’, c’est-à-dire s’ils utilisent abusivement ce terme pour désigner leur activité alors qu’ils ne disposent pas de compétences suffisantes en la matière.

L’ostéopathie est une profession bien encadrée et reconnue par les pouvoirs publics. Toutefois, pour garantir la qualité des soins et protéger le patient, il est recommandé de s’assurer que son praticien dispose d’un diplôme validant sa formation. Effectivement, même si cela n’est pas obligatoire juridiquement parlant, c’est un bon moyen d’avoir l’esprit tranquille quant aux qualifications du professionnel qui prodiguera les soins nécessaires.