La dermatopathologie est une sur-spécialité médicale centrée sur l’analyse microscopique des prélèvements cutanés. Le dermatopathologue lit des lames, pose des diagnostics histologiques sur des biopsies de peau, et oriente les décisions thérapeutiques des dermatologues cliniciens. En France, aucun diplôme unique ne porte ce titre : le parcours repose sur un socle en dermatologie ou en anatomopathologie, complété par une formation ciblée.
Dermatopathologie : une spécialité au croisement de deux DES
Le terme recouvre un exercice qui emprunte à deux disciplines. D’un côté, la dermatologie-vénéréologie, dont le DES forme des cliniciens de la peau. De l’autre, l’anatomie et cytologie pathologiques (ACP), dont le DES forme des médecins spécialisés dans la lecture de tissus au microscope.
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Un futur dermatopathologue peut entrer par l’une ou l’autre porte. Un dermatologue qui veut lire ses propres lames se forme à l’histopathologie cutanée. Un anatomopathologiste qui veut se concentrer sur la peau approfondit la sémiologie dermatologique. Les deux profils aboutissent au même poste, mais les compétences à acquérir en complément diffèrent.

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Accéder au DES de dermatologie en 2026 : un goulot étroit
Avant toute sur-spécialisation, il faut décrocher un poste d’interne dans l’une des deux filières. Pour la dermatologie, la sélection est particulièrement serrée. L’arrêté du 31 juillet 2025 publié au Journal officiel fixe à 102 postes d’internes en dermatologie pour la rentrée 2025-2026, sur une promotion totale de 8 919 places.
Ce chiffre n’a pas augmenté par rapport à l’année précédente, alors que le nombre global de postes a progressé de près de 1 000. Les Futurs Dermato-Vénérologues de France (FDVF) et la Société Française de Dermatologie ont publiquement dénoncé cette stagnation, l’associant à la pénurie croissante de dermatologues et à l’allongement des délais de consultation.
Pour un candidat visant la dermatopathologie via le DES de dermatologie, cela signifie un classement élevé aux EDN (épreuves dématérialisées nationales). La voie par le DES d’anatomie et cytologie pathologiques est moins médiatisée, mais la compétition y reste soutenue.
Cursus médical jusqu’à l’internat : les étapes structurantes
Le socle est le même que pour toute spécialité médicale. Voici les jalons obligatoires avant de commencer un internat :
- Obtenir le baccalauréat puis intégrer un PASS (parcours accès santé spécifique) ou une L.AS (licence accès santé), première année sélective qui conditionne l’entrée en deuxième année de médecine.
- Valider le premier cycle (DFGSM, trois ans) puis le deuxième cycle (DFASM, trois ans), qui inclut l’externat en milieu hospitalier et prépare aux épreuves de classement national.
- Obtenir un classement suffisant aux EDN pour accéder au DES choisi : dermatologie-vénéréologie ou anatomie et cytologie pathologiques. L’internat dure quatre ans pour la dermatologie.
À l’issue de l’internat, le médecin soutient sa thèse d’exercice et obtient le diplôme d’État de docteur en médecine ainsi que le DES correspondant. Le parcours complet représente environ dix à onze années après le baccalauréat.
Formation complémentaire en dermatopathologie : FST, DU et stages ciblés
Le DES seul ne suffit pas. La sur-spécialisation passe par des formations complémentaires dont le format varie selon la faculté et le CHU de rattachement.
FST et diplômes universitaires
La formation spécialisée transversale (FST) est un dispositif qui permet aux internes d’acquérir une compétence complémentaire pendant leur cursus. Certaines facultés proposent des enseignements orientés vers la pathologie cutanée dans ce cadre. Des diplômes universitaires (DU) ou interuniversitaires (DIU) en dermatopathologie existent également, dispensés sur un ou deux ans, combinant cours théoriques et lecture supervisée de lames.
Stages en laboratoire de dermatopathologie
Le volet pratique est déterminant. Un ou plusieurs semestres dans un service d’anatomopathologie à forte activité dermatologique, au sein d’un CHU de référence, permettent d’acquérir la compétence de lecture. Pour un dermatologue de formation, ces stages compensent l’absence de formation initiale en histologie. Pour un anatomopathologiste, ils concentrent l’apprentissage sur la sémiologie cutanée.
La maîtrise du microscope sur tissu cutané s’acquiert par la répétition : plusieurs milliers de lames lues et confrontées aux données cliniques sont nécessaires avant une autonomie réelle.

Exercice du dermatopathologue en France : hôpital ou laboratoire privé
Une fois formé, le dermatopathologue peut exercer dans plusieurs cadres. En milieu hospitalier, il intègre un service d’anatomopathologie ou un service de dermatologie disposant d’un laboratoire d’histologie. Son activité consiste à lire les biopsies cutanées, rédiger des comptes rendus anatomopathologiques et participer aux réunions de concertation pluridisciplinaire, notamment en oncologie cutanée.
En secteur privé, l’exercice se fait au sein de laboratoires d’anatomie pathologique qui reçoivent les prélèvements de dermatologues libéraux. La demande est soutenue : le dépistage des cancers cutanés (mélanome, carcinomes) génère un volume de biopsies en augmentation régulière.
Certains praticiens combinent activité de lecture et consultations cliniques, conservant un pied dans chaque discipline. Ce double exercice reste minoritaire mais valorisé dans les structures universitaires où l’enseignement et la recherche complètent le soin.
Démographie et accès à la spécialité : une tension durable
La limitation des postes d’internes en dermatologie à 102 par an a des répercussions directes sur le vivier de futurs dermatopathologues. Avec une démographie de dermatologues qualifiée de « en berne » par les organisations professionnelles, le nombre de médecins capables de se sur-spécialiser en dermatopathologie reste structurellement faible.
La voie anatomopathologique offre une alternative, mais elle suppose de renoncer à la pratique clinique dermatologique. Le choix entre les deux filières dépend du projet professionnel : lecture pure au microscope, ou double compétence clinique et histologique.
Pour un étudiant en médecine qui envisage cette orientation en 2026, la stratégie passe par un classement solide aux EDN, un repérage précoce des CHU proposant des stages en dermatopathologie, et une prise de contact avec les enseignants de la spécialité dès le deuxième cycle. La sur-spécialisation se construit pendant l’internat, pas après.

