Cet article fait suite à une tribune publiée
dans la Lettre du gynécologue, davril 2005, dans laquelle le Dr
Alain Tamborini vomit sur la phyto. Et comme ce type de journal est totalement
dévoué aux laboratoires pharmaceutiques et que les gynécologues
allopathes parisiens sont eux aussi adeptes de ces mêmes labos,
nous risquons davoir quelques difficultés. Forts des résultats
de létude E3N remettant sur la sellette les traitements hormonaux
substitutifs (THS), selon certaines modalités, forts des conclusions
du dernier rapport de lAfssa sur les phyto-strogènes alimentaires,
en loccurrence le soja, certains gynécologues allopathes se gaussent
maintenant des pratiques phytothérapiques de leurs confrères.
Ils nhésitent pas à mettre en doute leur probité
et la valeur scientifique de leurs choix et de leurs travaux. Le Pr Henri Joyeux*
et le Dr Bérengère Arnal-Schnebelen** souhaitent exercer un droit
de réponse à lencontre de ces allégations pour le
moins sectaires.
Notre confrère résumerait-il la ménopause au comptage des
bouffées de chaleur ? Le traitement de la ménopause au seul traitement
des bouffées de chaleur ? Le traitement phytothérapique de la
ménopause à la seule prescription des phyto-strogènes,
et les phyto-strogènes aux seuls isoflavones de soja ? Cest
faire preuve de peu de savoir en matière de ménopause mais aussi
de phytothérapie.
Pourquoi salarmer que les prescriptions de THS aient chuté de 45
% en deux ans si cest mieux pour la santé des femmes ? Faut-il
suivre son raisonnement qui consiste à accuser les alternatives phytothérapeutiques
en faisant croire que leur seul objectif est de gagner des millions
? Quen est-il des motivations des laboratoires commercialisant les THS
? sont-elles dénuées de tout intérêt financier ?
Ces labos cultivent-ils la philan-thropie ? et comment expliquer que certains
dentre eux, après avoir dénigré les phyto-strogènes,
se soient empressés de mettre leur soja sur le marché, jonglant
avec légèreté avec les purifications en isoflavones ? Fort
heureusement, lAfssa est venue mettre un peu dordre dans ce désordre.
Il est clair que notre confrère na aucune expérience de
lalternative phytothérapique au THS et que, comme beaucoup, il
a prescrit du THS larga manu, sans en évaluer les conséquences
prévisibles. Et sans en informer les femmes !
Désormais, elles savent et se méfient à juste raison. Même
si on a essayé de leur faire croire que le cancer quelles risquaient
de développer serait de meilleur pronostic parce que diagnostiqué
plus tôt.
Il est vrai que ceux qui voient les conséquences dramatiques du THS (accidents
cardiovasculaires, cancers, troubles de la mémoire
) ne sont pas
ceux qui lont prescrit. Même largument discutable de la réduction
des risques des cancers du côlon avec le THS ne passe pas.
Tout récemment, on a appris que le Livial augmente les risques de cancer
du corps utérin. De même, des équipes internationales ont
trouvé des récepteurs hormonaux dans les tumeurs pulmonaires de
type adénocarcinomes chez des femmes non fumeuses. Les épidémiologistes
les plus modernes de lInstitut de veille sanitaire1 évoquent dautres
facteurs de risque pour les cas de cancer du poumon chez des femmes qui nont
jamais fumé alors que ce phénomène est rarissime chez lhomme.
Une immunodépression dorigine hormonale est évoquée
aux USA. Et lincidence de ce type de cancer augmente régulièrement.
Alors que reste-t-il pour traiter cette maladie physiologique quest
la ménopause. Loin de nous lidée de ne pas prendre au sérieux
les troubles bénins de la ménopause. A troubles bénins,
traitements les moins dangereux possible. La comparaison en terme de bénéfice/risque
est sans nul doute favorable aux phytohormones : bénéfice possible-risque
nul, si certaines contre-indications sont prises en compte.
Notre confrère oublie que les phyto-hormones sont aussi présentes
naturellement dans notre alimentation et quun bon menu vaut mieux quune
ordonnance. Le temps de changer ses habitudes alimentaires (au moins 3 mois),
des compléments alimen-taires phytohormonaux ne peuvent que faire du
bien. Et puis si lalimentation savère insuffisante, la prescription,
par un médecin averti, dun traitement visant à une prise
en charge globale des problèmes féminins peut être envisagée.
Beaucoup de généralistes lont déjà compris
en acceptant des formations, les gynécologues suivront peut-être.
Pr Henri JOYEUX et Dr Bérengère ARNAL-SCHNEBELEN
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*Professeur de chirurgie et de cancérologie à la faculté
de médecine de Montpellier, Centre Val-dAurelle, 34298 Montpellier.
** Gynécologue-obstétricienne, responsable du DU de phytothérapie,
département universitaire des médecines naturelles, faculté
de médecine Paris-XIII, 108, cours dAlbret, 33000 Bordeaux.
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1. Daniel Eilstein affiche un intérêt pour ce type de recherche.